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Rester vigilant pour préserver la croissance
· Les crises à l’international, source de fragilité
· Des indicateurs au vert malgré la sécheresse
· BTP, tourisme, télécoms…, nouvelles locomotives |
Le Maroc s’en sort plutôt bien! Même si, à l’international, la crise des subprimes et la flambée des matières premières a fait vaciller le monde financier. Créant ainsi un marasme économique auquel l’Europe, premier partenaire du Maroc, résiste tant bien que mal. Pour les pays émergents, «2007 constitue un point de rupture après une longue phase marquée par des conditions financières favorables», selon l’analyse du dernier rapport de Bank Al-Maghrib. Le gendarme financier avertit: «Ces tensions, dont le dénouement est encore incertain, constitueront une source de fragilité pour les pays émergents en 2008». Certes, la croissance économique a été relativement épargnée, mais le gouvernement El Fassi doit rester sur ses gardes. Une situation due principalement grâce à quatre secteurs: industrie, BTP, tourisme et télécoms. Ce dernier, à titre d’exemple, participe actuellement à hauteur de 7% dans le PIB et emploie directement 37.000 personnes, selon les derniers chiffres du régulateur (ANRT). Fait marquant, la croissance économique est passée de 7,8% en 2006 à 2,7% en 2007. A en croire la lecture de BAM, l’impact de la baisse de la production agricole y est pour beaucoup. Ce bémol se manifeste à travers «la contraction de la production céréalière estimée à 24,4 millions de quintaux, de 73% d’une année à l’autre». Bien évidemment, la sécheresse récurrente a réduit les récoltes: de 16,7 q/ha, on est passé à 5,1 q/ha. Parallèlement, les importations des céréales ont plus que doublé (plus de 38 millions de quintaux). Quant à l’élevage, pas de changement notable.
Autre activité du secteur primaire, la pêche qui a «connu une quasi-stagnation après avoir subi une baisse de plus de 15%, un an auparavant». Finalement, «la part du secteur primaire dans le PIB réel a régressé d’un peu plus de 16%, passant à 12,5%». Toutefois, les activités non agricoles ont minimisé les dégâts. Comme quoi l’économie cherche encore à s’affranchir des caprices climatiques. Chiffres à l’appui, en trois ans, ces secteurs ont progressé de 6%.
Industrie, BTP et Mines sont parmi les locomotives de cette avancée. C’est le cas particulièrement pour les industries de transformation, notamment les IMME et industries chimiques et parachimiques, qui ont évolué respectivement de 9,6 et 4,3%. En revanche, comparée à 2006, la branche électrique/électronique a accusé un net recul passant de 14,5 à 3,9%. L’industrie textile, habillement et cuir a enregistré une hausse mitigée (2,2%). Le cuir demeure la branche qui a pâti du repli des exportations de la chaussure et articles de maroquinerie. Les difficultés d’approvisionnement ont, par ailleurs, pesé sur l’agroalimentaire. L’indice de production a crû de 2,4% en 2007 contre 3,2% un an auparavant. Viande et conserves de fruit et légumes ont positivement tiré le secteur. C’est le cas aussi pour les boissons et les huiles «qui ont enregistré des hausses respectives de 3,8 et 2,3%. En revanche, les produits laitiers ont connu une baisse de 3,7%. Rareté et renchérissement du fourrage, boostés par la boulimie accrue des pays BIC (Brésil, Inde et Chine) sont parmi les ingrédients de cette contre-performance. Par contre, l’euphorie du BTP poursuit sa lancée (+11,7%). Un chiffre qui se traduit par l’engouement pour les matériaux de construction: les ventes de ciment ont atteint près de 12,8 millions de tonnes. Un appétit dû à la construction de barrages, autoroutes, logements sociaux, stations balnéaires… Discret mais non moins important, le secteur minier profite de l’envolée des prix des métaux à l’international. Les recettes d’exportation ont frôlé les dix milliards de DH en 2007. La manne des phosphates représente plus de la moitié des recettes à l’export, principalement vers les Etats-Unis, le Brésil et l’Espagne. Selon des «statistiques provisoires», en 2007, la consommation finale de l’énergie a augmenté d’un peu plus de 4%. Ce qui représente 13,3 millions de tonnes équivalents pétrole (tep). La production totale est de 11 millions de tep, dont 3,6 sont d’origine locale. Une légère hausse (1,2%) attribuée «essentiellement à l’amélioration de l’activité de raffinage». Le déficit énergétique, couvert par l’importation du pétrole, est marqué par une facture alourdie de 15,2%. En revanche, la consommation de fuel, qui représente 20% du marché des produits raffinés, a accusé une baisse de plus de 5%.
Dans le tertiaire, tourisme, transport et télécoms se démarquent. Le premier secteur a été stimulé par le plan Azur et l’Open sky signé entre le Maroc et l’UE. L’année dernière, plus de 4 millions de touristes ont séjourné au pays. Néanmoins, ce chiffre ne se reflète pas dans l’évolution des nuitées des hôtels classés: une augmentation de 3% seulement.
Libéralisation et baisse des tarifs de l’aérien ont boosté l’activité transport: 12 millions de passagers en 2007, soit près de 17% de croissance. La plus forte performance du marché international.
Marseille,08Juillet2008 Rédaction L'Économiste
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