| Dossier Batiment L'economiste
- novembre 2002
Les pilliers de la croissance, les performances, les intervenants, les financements.
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Les piliers de croissance de l'industrie du
bâtiment.
· La profession attend de pied ferme le lancement des travaux d'aménagement
des zones balnéaires.
· Le programme de résorption de l'habitat insalubre arrive à
point nommé pour booster le secteur. |
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Le secteur du bâtiment se porte bien. En témoigne
le rythme soutenu des ventes de ciment en 2002. A fin août, elles se sont
accrues de plus de 6% en année glissante à 5,61 millions de tonnes.
Pour les prochains mois, les opérateurs tablent sur le maintien de la tendance
mais à un niveau plus modeste. A en croire les opérateurs, les cimenteries
devraient clôturer l'année avec un taux de croissance de leur activité
de 4% compte tenu du tassement attendu des ventes à l'approche du mois
de Ramadan et des premières pluies. Une performance annuelle jugée
tout de même satisfaisante.
L'immobilier bénéficie pour sa part d'une nette reprise grâce
au nouvel élan de la demande de logements. Pour preuve, les crédits
immobiliers distribués par les banques ont gagné 8,4% au 31 juillet
2002 dépassant les 33 milliards de DH. Le contexte économique marqué
par l'attentisme des hommes d'affaires et la chute des cours boursiers sont pour
partie à l'origine du gonflement de l'investissement immobilier.
Selon la Fédération nationale de l'immobilier (FNI), l'habitat économique
joue toujours le rôle de locomotive avec 90% de la production. Cependant,
les promoteurs immobiliers décèlent un début de ralentissement
de leur activité suite à la saturation de la cible intéressée
par le logement à 200.000 DH. "Il s'agit maintenant de servir la catégorie
des ménages dotée d'un pouvoir d'achat plus limité si l'on
veut maintenir le rythme de croissance en 2003", explique Rachid Jamaï,
président de la fédération. Le lancement du programme d'action
pour la résorption de l'habitat insalubre (PARHI) arrive à point
nommé... à condition qu'il démarre dans les temps. Pour ne
pas réitérer les erreurs du passé, il faudra au préalable,
estime le président de la FNI, instaurer une formule de financement adéquate
qui colle au profil des acquéreurs.
Globalement, les professionnels des BTP anticipent une croissance annuelle plus
modeste en 2002 du fait de la baisse de 8% de l'investissement public, sachant
que leur activité est largement tributaire des commandes de l'Etat. En
revanche pour 2003, ils sont plus optimistes. "Le pays devrait entrer dans
une logique d'accélération de l'investissement public", affirment
les représentants des différentes organisations professionnelles.
Ce ne sont pas les liquidités qui manquent si l'on tient compte de l'importance
des excédents de trésorerie du secteur bancaire.
Optimisme partagé par le Centre marocain
de conjoncture qui table, lui, sur une croissance rapide du secteur BTP, de l'ordre
de 7% en 2002 et de 10% l'année suivante.
Des prévisions jugées excessivement optimistes par la profession
puisque découlant d'une hypothèse de campagne agricole exceptionnelle.
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Toutefois, un seul et même argument est avancé
de part et d'autre: la reprise attendue des chantiers de travaux de construction
et d'infrastructure de base. Le maintien du rythme de croissance des BTP pour
les prochains mois dépendra donc essentiellement du lancement des chantiers
programmés par l'Etat. Plus précisément, les opérateurs
attendent de pied ferme le coup d'envoi du PARHI, des projets d'aménagement
des six zones touristiques et de la construction du port Tanger Méditerranée.
(En fait, à cela il faut ajouter l'informel qui n'est pas négligeable
dans un secteur comme le bâtiment).
Après l'essoufflement du programme des 200.000 logements sociaux lancé
en 1995, les opérateurs tablent donc sur le PARHI qui s'étalera
sur 10 ans. Selon ses initiateurs, ce projet devrait être plus adapté
aux besoins des bénéficiaires. A préciser que le programme
des 200.000 logements a permis une production de 110.000 unités seulement
en 7 ans et n'a pas concerné la cible défavorisée visée
au départ mais plutôt la classe moyenne. Pour le financement du PARHI,
l'Etat, le Fonds Hassan II, les collectivités locales et le Fonds de solidarité
de l'habitat alimenté par la taxe sur le ciment seront mis à contribution.
Cette taxe instituée lors de la dernière loi des Finances a rapporté
163 millions de DH à fin juillet 2002. Un seul bémol: les échéances
de réalisation du programme ne sont pas clairement fixées.
Par ailleurs, le programme de création des six stations balnéaires
devrait entrer en 2003 dans une logique d'accélération du secteur
des BTP grâce au projet Taghazout. Celui-ci est d'envergure puisqu'à
lui seul, il représente 20% de l'objectif d'extension de l'offre balnéaire
prévu par l'accord-cadre. Les travaux démarreront avant la fin de
cette année et le premier hôtel devrait être livré en
2006. Au total, la zone touristique englobera 45 unités hôtelières
d'ici la fin 2012.
Hormis Taghazout, les 5 autres projets sont à la phase de présélection
des aménageurs. Fin septembre, les candidats à la présélection
seront connus et les offres devront être formulées dans les trois
mois qui suivent. La direction des Investissements touristiques table sur la désignation
de deux aménageurs développeurs au minimum au début de l'année
prochaine.
Et le port Tanger-Méditerranée
Même si elle relève beaucoup des travaux publics, la construction
du port Tanger-Méditerranée attendu pour janvier 2003 constitue
une aubaine pour le secteur des BTP. Les cimenteries et entreprises de travaux
publics doivent se frotter les mains. Le projet est d'envergure puisqu'il porte
sur 11 milliards de DH dont 4,26 milliards dédiés à la construction
du port, 4,42 milliards aux infrastructures et 2,29 milliards aux zones franches.
Côté financement, le Fonds Abou Dhabi pour le développement
contribuera à concurrence de 3,3 milliards de DH. L'entrée en service
du port est prévue pour 2007.
· Le programme d'investissement 2002 de l'Habitat
• 217 opérations qui portent sur 11.069 logements, 936 commerces
et 92.333 lots. Coût global: 6,67 milliards de DH.
• PARHI
Coût global: Environ 30 milliards de DH sur 10 ans, dont 44% de participation
de l'Etat.
Le recensement fait ressortir que 780.000 familles sont concernées, dont
150.000 pour le programme en cours.
27 conventions pour 34.000 logements ont été signées avec
les promoteurs immobiliers pour les programmes bénéficiant d'avantages
fiscaux.
Mouna KABLY - L'Economiste
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PIB, emploi... Les performances des BTP
· Le secteur s'attaque à la formation
Le secteur du bâtiment recèle un fort potentiel de développement
compte tenu des besoins en logements et des capacités de l'appareil de
production ainsi que des effets d'entraînement exercés sur les autres
secteurs économiques. Les BTP contribuent pour 5% en moyenne dans le PIB.
L'investissement réalisé par cette activité et mesuré
par la Formation brute du capital fixe (FBCF) s'est, lui, élevé
à 22,9 milliards de DH en 2000 (soit 26,2% de la FBCF totale).
Côté emploi, le secteur compte près de 10% de la population
active urbaine.
Avec 310.000 emplois directs, dont 20.000 cadres, il se positionne selon Mostafa
Meftah, directeur délégué de la Fédération
Nationale des BTP (FNBTP), comme le premier employeur de l'activité économique
et le premier contributeur à la taxe pour la formation professionnelle.
Ce qui explique l'accent mis sur la formation
professionnelle, le seul moyen d'activer la mise à niveau du secteur et
d'augmenter la productivité des entités structurées.
«Nous avons identifié les besoins en formation continue et nous sommes
en passe d'arrêter les contrats sociaux de formation avec le concours de
l'OFPPT (Office de Formation Professionnelle et de Promotion du Travail)»,
explique Meftah. |
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D'ores et déjà, une première opération
de 1 million de DH concernera 400 salariés et une centaine d'entreprises
et portera sur plusieurs volets dont l'alphabétisation. L'étude
d'évaluation des besoins a débouché sur la nécessité
de la mise en place d'un programme d'urgence de formation qui requerra une enveloppe
de 4,6 millions de DH. Globalement, le chiffre d'affaires annuel réalisé
par les BTP dépasse les 38 milliards de DH. Un volume généré
par plus de 53.000 unités dont 1.500 structurées. Aux côtés
de celles-ci, 10.000 entreprises sont dotées d'un local et près
de 40.000 unités de production non localisées opèrent sur
les chantiers ou à domicile.
Les entités structurées emploient en moyenne 120 personnes tandis
que les unités non localisées peuvent tourner avec 4 à 10
ouvriers. Le poids des entreprises organisées dans le secteur est jugé
prépondérant au regard du chiffre d'affaires réalisé
(2/3 des recettes globales), des salaires versés (2/3 de la masse salariale),
de la valeur ajoutée (3/4 de la VA du secteur) et de l'emploi (60% de l'effectif).
Autre preuve du dynamisme des unités structurées: l'activité
des BTP génère à elle seule près de 10% des recettes
fiscales globales versées dans les caisses de l'Etat. En revanche, les
entreprises non organisées restent très exposées aux aléas
conjoncturels. Elles ne peuvent opérer que sur des marchés de taille
réduite générant une faible rentabilité.
L'agenda 2003 de la FNBTP
Pour l'année prochaine, la FNBTP aura du pain sur la planche. Outre le
lancement du programme de formation continue, la fédération veut
réactiver le projet de diffusion du guide fiscal spécifique au secteur.
Celui-ci est finalisé et est actuellement en cours d'approbation par les
différents partenaires. Autre chantier: instaurer un système de
traçabilité pour identifier les responsabilités en cas de
défaillance de l'ouvrage. Concrètement, il s'agit d'exiger le recours
aux entreprises qualifiées et classées pour la réalisation
des programmes d'habitat social initiés par les promoteurs privés
et bénéficiant de l'aide de l'Etat. Sur ce registre, la profession
est également décidée à relancer les discussions entamées
en 1996 autour de la création d'un fonds d'épargne salarial. «L'on
ne résoudra pas le problème de l'habitat social si l'on instaure
pas un système de financement adéquat en faveur des ménages
à faible revenu», rappelle le directeur délégué
de la fédération.
M. K. - L'Economiste
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Matériaux de construction: Les différents intervenants
· L'industrie cimentière
Quatre grandes cimenteries se partagent le marché du ciment. Lafarge Ciments
(Groupe Lafarge) revendique une part de marché de 41,5% et assure 37% de
la production nationale. Elle est présente dans les villes de Casablanca,
Meknès, Tanger et Tétouan. Ciments du Maroc (Italcementi Group)
représente 27,8% du marché et 31% de la production. Ses usines sont
situées dans les villes d'Agadir, Marrakech et Safi.
Holcim (ex-Cior et rattaché au groupe Holderbank) affiche une part de marché
de 21,7% et couvre les régions de Fès et Oujda. Asment, reprise
par le Portugais Cimpor, est présente sur Témara et revendique 9%
du marché.
A fin août 2002, les ventes du secteur ont totalisé un peu plus de
5,6 millions de tonnes, soit une hausse d'environ 6,2% par rapport à la
même période en 2002.
· Le préfabriqué en béton
C'est la branche qui compte le plus grand nombre d'entreprises (208), soit 40%
du total des unités du secteur. Elles emploient 9.900 personnes (34% de
l'effectif global). Ce sous-secteur arrive en deuxième place derrière
le ciment avec 25% de la production totale. Mais ce sont les entreprises les moins
structurées qui nécessitent un encadrement spécifique et
un accompagnement à la mise à niveau.
· Le béton prêt à l'emploi
Avec 30 centrales, le marché est estimé à 1 million de m3.
Les principaux opérateurs sont au nombre de huit dont quatre filiales de
groupes cimentiers: Bétomar, Lafarge Béton, Ecobéton et Betocim.
A elles seules, ces quatre sociétés contrôlent près
de 90% du marché.
La croissance de cette activité estimée à plus de 12% par
an. Elle est ainsi plus rapide que celle du ciment.
· Fer à béton
Cette activité, représentée par la Sonasid, est stratégique
pour le pays. En 2001, la société a amélioré ses ventes
de 4,8% par rapport à 2000. Elle a réalisé un chiffre d'affaires
de 2,3 millions de DH pour 614.515 tonnes écoulées. Elle emploie
quelque 800 personnes. Les perspectives de croissance sont bonnes pour 2002 grâce
notamment à la bonne tenue du marché de la construction et au démarrage
du nouveau laminoir de Jorf Lasfar.
· Briques et tuiles
Avec 86 briqueteries, cette branche produit 2,5 millions de tonnes/an et emploie
plus de 5.000 personnes. Selon l'APB (Association professionnelle des briquetiers),
créée en novembre 2001 avec l'appui de la FMC (Fédération
des industries de matériaux de construction), la profession a de beaux
jours devant elle. Parmi ces principaux objectifs: la promotion de la brique rouge,
la normalisation et la valorisation des efforts accomplis en termes de mise à
niveau technologique.
· Marbre et granulats
Les unités relevant de cette branche représentent un peu moins du
tiers (30%) des entreprises du secteur des matériaux de construction mais
leurs performances restent relativement modestes. Employant 15% de l'effectif
global, elles participent à 5,3% de la production totale, 11,6% des exportations
et 8,5% des investissements.
· Industrie céramique
Elle se caractérise par ses usines modernes de carreaux et sanitaire. La
production est assurée par huit grosses sociétés. Les usines
de sanitaire produisent quelque 2,7 millions de pièces par an, dont les
trois quarts sont exportés, contre 30 millions pour les carreaux. L'effectif
est inférieur à 5.000 personnes.
H. F. L'Economiste
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Financement: Le leasing se fraie un chemin
· En attendant de l'élargir aux particuliers, les sociétés
de crédit-bail développent les formules destinées aux entreprises
· Le lease-back s'avère attrayant
Le développement du bâtiment est tributaire des ressources financières
qu'il peut mobiliser. Pendant longtemps, les banques ont été accusées
de ne pas suffisamment financer le secteur. Mais avec l'implication des banques
commerciales, l'institution du marché hypothécaire et le développement
de nouvelles formules telles que le leasing, le secteur a pris un nouvel élan.
Le crédit immobilier attire de plus en plus les banquiers. Directement
ou à travers une filiale spécialisée, chaque banque personnalise
son offre.
La répartition des concours bancaires distribués aux entreprises
et aux particuliers montre une avancée notable du crédit immobilier
ces deux dernières années. A fin 2001, les crédits distribués
ont totalisé 30,7 milliards de DH contre un peu plus de 27 milliards un
an plus tôt, soit 13,6% de plus.
L'autre forme de financement sur laquelle misent les opérateurs est le
leasing immobilier. «A voir les statistiques, le secteur s'achemine vers
la maturité», souligne Mostafa Melsa, délégué
général de l'APSF (Association professionnelle des sociétés
de financement). Après avoir conquis les chefs d'entreprise pour l'acquisition
de leurs sièges et locaux, le crédit-bail cherche à séduire
les particuliers. Une sorte de gisement qui fait rêver les leasers.
· Souplesse
En attendant que le dispositif juridique suive, les professionnels se rapprochent
de plus en plus de la clientèle entreprise et développent les formules.
Le lease-back se veut très attrayant, mais reste encore peu connu des chefs
d'entreprise. Il s'agit de céder son bien immobilier à une société
de crédit-bail et de conclure un contrat de leasing sur ce même bien.
Grâce au produit de la vente, l'entreprise bénéficie de fonds
nouveaux et continue à utiliser ses locaux.
Le crédit immobilier est un contrat par lequel une société
de leasing donne en location un bien immobilier à usage professionnel avec
une promesse de vente au locataire, moyennant une valeur résiduelle convenue
à l'avance. Le montant du loyer est calculé sur la base du coût
des locaux et des frais financiers. Ce mode de financement est connu pour sa souplesse
et ses avantages fiscaux.
En finançant la totalité de l'investissement immobilier, le crédit-bail
permet à l'entreprise de préserver sa trésorerie et de réorienter
ses fonds propres vers son exploitation. Côté fiscalité, le
leasing a été doté d'un régime approprié avec
déductibilité des charges, possibilité d'amortissement accéléré,
exonération de TVA à l'acquisition et exonération des droits
d'enregistrement.
H. F. - L'Economiste
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